À faire une fois
Boucle 01 ·
Oisans → Tarentaise · 235 km
La Route des Géants
Le premier jour du périple. Celui qui donne le ton. On part de chez moi, on file vers le glacier de la Meije, on passe en Italie par le Mont-Cenis, et on rentre par le toit des Alpes.
Point culminant : Col de l'Iseran, 2 764 mètres.
Roadbook · Le Bourg-d'Oisans → Bourg-Saint-Maurice
- Distance
- 235 km
- Roulage
- 5 h 30
- Cols
- 4
- Point haut
- 2 764 m
- Dénivelé
- 4 810 m · estimé
- Saison
- juin → octobre
La Meije, et le sentiment d’être minuscule
La Grave · 1 450 m
C’est le premier jour. Le grand départ du périple. Et pour ouvrir, je ne voulais pas d’une mise en jambes tranquille. Je voulais du lourd d’entrée. Du magistral. Alors on part de la maison, du Bourg-d’Oisans, et on met le cap sur le Lautaret.
Le Lautaret, c’est mythique. Un nom qui claque pour quiconque roule dans les Alpes. Et la montée par La Grave, c’est une entrée en matière qu’on n’oublie pas. La route s’élève, la vallée de la Romanche se creuse, et là — la Meije. Le glacier, planté en face, majestueux, énorme. Une masse de glace et de roche qui te tombe dessus.
On s’arrête. Quelques minutes, pas plus. On coupe le moteur. Et on regarde.
C’est le genre d’endroit qui te remet à ta place. Devant ce truc-là, tu te sens minuscule. Petit point rouge sur le bord d’une route, au pied d’un monstre de glace qui était là bien avant toi et qui sera là bien après. Ça ne rend pas triste. Ça rend humble. Et c’est exactement ce que je viens chercher pour lancer ce voyage. Se sentir petit. Prendre la mesure de ce dans quoi on s’apprête à rouler.
On repart. On bascule au Lautaret — 2 058 mètres — et on descend sur Briançon. La plus haute ville de France, ses remparts, sa citadelle perchée. On traverse, on grimpe à Montgenèvre, et on passe la frontière. L’Italie.
Le belvédère est plus haut, au hameau du Chazelet — 4 km de plus, la Meije de face. À faire si la lumière est bonne.
Midi au bord de l’eau turquoise
Col du Mont-Cenis · 2 083 m
De l’autre côté, ça change. La lumière, les noms sur les panneaux, l’odeur du café dans les villages du val de Suse. On descend, on longe, on remonte vers le Mont-Cenis. Et là, le lac.
Le lac du Mont-Cenis, c’est immense. Une nappe d’eau turquoise posée à 2 000 mètres, cernée de montagnes pelées. Ça surprend toujours, cette couleur, à cette altitude. Et la fraîcheur qui monte de l’eau. Même en plein été, il y a ce truc qui pince un peu, ce fond d’air frais qui te réveille. J’aime ça. Le froid en montagne, pour moi, c’est pas une contrainte — c’est un plaisir. Ce contraste entre la chaleur lourde de la vallée qu’on vient de quitter et cet air vif du haut. Tu le sens sur les mains, sur le visage. Ça te rappelle que t’es monté, que t’as gagné de l’altitude, que t’es ailleurs.
Et à midi, on ne fait pas semblant de manger.
Le Mont-Cenis, niveau timing, c’est pile le milieu de la journée. La bonne heure pour poser la moto pour de bon. On s’arrête au bord du lac, au Relais du Col — un refuge planté là où passait l’ancienne frontière, sur la vieille route de Napoléon. Cuisine de montagne, franche, généreuse. Une belle assiette de crozets au Beaufort, ou une tartiflette qui tient au corps, un verre de rouge, la vue sur l’eau turquoise en contrebas. On mange riche, on prend le temps. On assume. C’est un jour de fête, c’est le début du voyage — et la bouffe, ça fait partie du voyage.
Relais du Col — réserver en saison, 04 79 59 47 84. Ouvert toute l'année, mais le col non.
Le village de pierre
Bonneval-sur-Arc · 1 850 m
L’après-midi, on repart vers la France, vers la Haute-Maurienne. Et on arrive à Bonneval-sur-Arc.
Bonneval, c’est le dernier village avant le grand col. Un des plus beaux villages de France, et ça se voit tout de suite. Tout est en pierre. Les murs, les toits de lauze, ces lourdes dalles grises. Pas un fil électrique qui traîne, pas une antenne, pas une voiture dans les ruelles. Un village figé dans le temps, comme sorti d’un autre siècle.
On pose la GS, on marche dans les ruelles, on boit un truc. Et c’est l’architecture qui te happe. La façon dont ces maisons de pierre tiennent debout, serrées les unes contre les autres, contre le froid et contre le temps. On prend le temps de flâner. Parce qu’après Bonneval, il n’y a plus de village. Il n’y a plus que le col.
Le toit des Alpes
Col de l'Iseran · 2 764 m
Et le col, c’est l’Iseran.
2 764 mètres. Le plus haut col routier des Alpes. Le point culminant de la journée, et le sommet de tout le périple à venir. Monter là-haut, c’est comme aller sur la lune. La végétation disparaît. Il ne reste que la caillasse, la roche nue, grise et brune, à perte de vue. Un paysage minéral, sec, lunaire. Plus rien ne pousse. Plus rien ne vit, ou presque.
Il y a du monde, là-haut. Des vélos qui grimpent en danseuse, des motos par grappes, tout le monde vient chercher la même chose : la photo au panneau, le sommet, le plus haut. Et malgré tout ce monde, il reste quelque chose de sauvage. Cette impression d’être arrivé au bout, tout en haut, là où la route ne peut plus monter.
L’Iseran, ça se conquiert. On y est. Sur le toit.
Dernier déneigé, premier refermé — c'est lui qui décide de la saison. Vérifier savoie-route.fr la veille.
La journée se referme
Bourg-Saint-Maurice · 840 m
Puis la descente sur Val d’Isère, la Tarentaise qui s’ouvre, et la route qui plonge vers Bourg-Saint-Maurice. On perd de l’altitude, la végétation revient, l’air se réchauffe. La journée se referme doucement.
On est partis de chez nous le matin, on a vu un glacier nous rendre minuscules, on a passé une frontière, mangé au bord d’un lac turquoise, traversé un village de pierre figé dans le temps, et touché le point le plus haut des Alpes. Une journée pour se rappeler pourquoi on fait ça.
Et ce n’est que le premier jour. Demain, on tourne autour du Mont-Blanc.
Les routes n’ont pas été droites. Tant mieux. C’est là que ça se passe. Comme dans la vie.
Le carnet de la boucle
Le carnet de la boucle
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1 450m
La Grave / la Meije
Le point de vue frontal sur le glacier de la Meije (3 983 m) depuis la route du Lautaret. On s'arrête quelques minutes, on coupe le moteur, on se sent minuscule. Pour un belvédère dédié, monter au hameau du Chazelet, juste au-dessus.
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1 850m
Col de Montgenèvre
Une des plus vieilles voies transalpines d'Europe — les Romains, puis Napoléon y fit la route. Le passage vers l'Italie.
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1 850m
Bonneval-sur-Arc
Un des Plus Beaux Villages de France, le seul de Savoie. Tout en pierre et lauze, 100 % piéton, sans fil ni antenne apparente. Un village figé dans le temps. Pousser jusqu'au hameau de l'Écot, décor du film « Belle et Sébastien ».
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2 000m
Lac du Mont-Cenis
La grande nappe turquoise posée en altitude, cernée de sommets pelés. L'ancienne frontière France-Italie, jusqu'en 1947. La fraîcheur qui monte de l'eau. Voir aussi la Pyramide du Mont-Cenis, chapelle-musée en béton brut dédiée à Napoléon.
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2 058m
Col du Lautaret
Le col mythique de l'Oisans, ouvert toute l'année. Vue sur la Meije et le Grand Galibier, jardin botanique alpin au sommet. On bascule vers le Briançonnais.
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2 083m
Le Relais du Col
La table de midi : refuge posé sur l'ancienne frontière, sur la route napoléonienne, cuisine savoyarde franche, terrasse et vue sur le lac. Ouvert toute l'année. Tél. +33 4 79 59 47 84.
à vérifier · réserver -
2 083m
Gran Scala
L'alternative, côté italien : hôtel-restaurant franco-italien sur la route du col — tartiflette, truite. Ouvert selon les dates du col, environ mi-mai à début octobre.
à vérifier · réserver -
2 764m
Col de l'Iseran
Le plus haut col routier des Alpes. Paysage lunaire, minéral, la caillasse à perte de vue. La chapelle de 1939 au sommet. Le point culminant de la journée et du périple.
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en vallée
Briançon
La plus haute ville de France, ses remparts Vauban, sa cité fortifiée perchée. On traverse avant de grimper vers l'Italie.